Votre numéro se transporte, et ce n'est pas à vous de le déplacer. En Belgique, le portage d'une ligne mobile résidentielle n'est pas facturé et se boucle en un jour ouvrable après la date convenue. Il n'efface pas pour autant ce que vous devez encore à l'ancien contrat. C'est là que la note tombe.
Qui déclenche le transfert de votre numéro ?
Le nouvel opérateur, et lui seul.
Vous signez chez lui, vous cochez la case « je garde mon numéro », vous donnez le numéro à porter, et il se charge du reste : la demande de portage vers l'ancien opérateur, puis la résiliation de l'ancien contrat à la date de bascule. Vous n'avez aucun courrier de résiliation à envoyer, aucun appel à passer à l'opérateur que vous quittez.
Cette procédure est encadrée par l'arrêté royal du 2 juillet 2013 sur la portabilité des numéros, contrôlé par l'IBPT. Elle n'est pas un geste commercial que chaque opérateur organise à sa guise : les délais, l'absence de frais sur les lignes résidentielles et les obligations de chacun y sont écrits.
Le corollaire est brutal, et il m'a occupé trois ans au service résiliations d'un opérateur virtuel belge. Un numéro que vous avez résilié vous-même est un numéro libéré. Il repart en quarantaine chez l'opérateur qui vous l'avait attribué, et plus personne ne peut le porter, ni vous, ni le nouvel opérateur, ni le service client qui vous jure le contraire. J'ai vu des gens perdre un numéro qu'ils avaient depuis dix-huit ans pour avoir voulu faire les choses dans l'ordre, sauf que l'ordre était l'inverse de celui qu'ils imaginaient.
Combien de temps prend une portabilité en Belgique ?
Un jour ouvrable après la date de bascule que vous avez convenue.
La coupure réelle, elle, se compte en minutes : l'ancienne carte SIM perd le réseau, vous insérez la nouvelle ou vous activez l'eSIM, et le numéro accroche le nouveau réseau. Un SMS de confirmation arrive dans la foulée. Ce qui allonge vraiment le calendrier, ce n'est pas le portage, c'est l'acheminement d'une carte SIM physique par la poste, quand vous n'êtes pas passé par l'eSIM.
Les cinq étapes, dans l'ordre
Aucune ne se saute, et la deuxième est celle qui protège tout le reste.
- Comparez avant de signer. Le classement des abonnements GSM les ordonne sur le coût à 24 mois, appareil compté à part, et le comparateur les met côte à côte critère par critère.
- Demandez par écrit le décompte de sortie à votre opérateur actuel. Indemnité de rupture éventuelle, solde de l'appareil, reprise de remise. Faites-le avant de signer ailleurs, pas après.
- Souscrivez chez le nouvel opérateur en demandant la portabilité. Le numéro à porter, la date de bascule souhaitée, et l'identifiant de votre carte SIM actuelle si on vous le réclame.
- Attendez la carte SIM ou le QR code de l'eSIM. Ne résiliez rien pendant ce temps.
- Activez à la date convenue. Vérifiez les appels sortants, les appels entrants et les SMS le jour même, pas la semaine suivante.
| Étape | Qui la fait | Délai | Ce que ça coûte |
|---|---|---|---|
| Souscription et demande de portage | vous, puis le nouvel opérateur | le jour de la commande | prix du nouveau forfait |
| Envoi de la carte SIM physique | le nouvel opérateur | 2 à 5 jours ouvrables | 0 à 15 € selon l'opérateur |
| Activation de l'eSIM | vous | immédiate | 0 € chez la plupart, non publié chez certains |
| Bascule du numéro | les deux opérateurs | 1 jour ouvrable après la date convenue | 0 € sur une ligne résidentielle |
| Résiliation de l'ancien contrat | le nouvel opérateur | à la date de bascule | voir la section suivante |
| Facture de clôture | l'ancien opérateur | cycle de facturation suivant | prorata, solde d'appareil, indemnité éventuelle |
Que reste-t-il à payer à l'ancien opérateur ?
Tout ce qui n'est pas le numéro.
C'est le poste qu'on ne vous chiffre presque jamais au comptoir, et c'est le seul qui se compte en centaines d'euros. La portabilité déplace une ligne. Elle n'annule aucun engagement financier pris par ailleurs, et le droit belge distingue très nettement les deux.
| Poste | Effacé par le changement d'opérateur ? | Montant | Où le lire |
|---|---|---|---|
| Forfait du mois en cours | non, facturé au prorata | selon la formule | facture de clôture |
| Indemnité de rupture avant six mois d'exécution | non | plafonnée par le contrat, non publié chez la plupart des opérateurs | conditions particulières |
| Solde de l'appareil financé | non | mensualités restantes × montant mensuel | plan d'amortissement du contrat |
| Remise conditionnée à la durée | non, elle peut être reprise | non publié | conditions particulières |
| Frais de portage du numéro | sans objet | 0 € sur une ligne résidentielle | arrêté royal du 2 juillet 2013 |
Prenons le cas le plus courant que je vois : un téléphone financé sur vingt-quatre mensualités de 25 €, soit 600 € de terminal. Vous partez au dixième mois. Il reste quatorze mensualités, donc 350 € exigibles, en une fois, sur la facture de clôture. Le forfait, lui, se résilie sans indemnité puisque le contrat a dépassé six mois d'exécution. Deux régimes, une seule facture, et une différence de 350 € entre les deux lignes.
Le même départ au cinquième mois cumule les deux : dix-neuf mensualités restantes, soit 475 €, plus une indemnité de rupture sur le service, dont le montant figure dans vos conditions particulières et que la plupart des opérateurs belges ne publient pas sur leur site. Quand la case n'est pas publiée, je ne l'estime pas : je la demande par écrit, et je garde la réponse.

Easy Switch s'applique-t-il à une ligne mobile seule ?
Non, et la confusion est fréquente parce que les deux procédures se ressemblent de loin.
Easy Switch est le mécanisme belge qui permet à un nouvel opérateur de reprendre un ensemble de services : internet, télévision, pack fixe et mobile. Il fonctionne avec un identifiant unique que vous trouvez sur votre facture. Une ligne mobile seule n'entre pas dans ce périmètre : c'est la procédure de portabilité classique qui prend le relais, avec le même effet pratique, la résiliation de l'ancien contrat par le nouvel opérateur.
Ce détail compte si vous quittez un pack. Sortir la seule ligne mobile d'un pack Proximus ou Telenet peut faire tomber la remise multi-services appliquée au reste du foyer, et cette remise n'a rien à voir avec votre numéro.
Ligne coupée pendant le transfert : la marche à suivre
Signalez-le au nouvel opérateur le jour même. C'est lui qui pilote la demande, c'est donc lui qui doit la débloquer, et un ticket ouvert à la bonne date vaut mieux qu'un appel de rattrapage trois semaines plus tard.
Gardez une trace écrite : date, heure, référence du dossier, nom de l'interlocuteur. Si le numéro n'est toujours pas actif après le délai annoncé et que le service client tourne en rond, le Service de médiation pour les télécommunications traite sans frais les litiges entre consommateurs et opérateurs belges, et l'IBPT contrôle le respect des délais de portage. Une réclamation datée est la seule chose qui rende ces recours utilisables.
Quelles erreurs font perdre un numéro ?
Cinq, et je les ai toutes vues plusieurs fois.
- Résilier l'ancien abonnement soi-même, avant ou pendant la souscription. Le numéro est libéré, la portabilité devient impossible.
- Laisser expirer une carte prépayée avant de demander le portage. Un numéro prépayé inactif depuis trop longtemps est repris par l'opérateur.
- Porter un numéro qui n'est pas au nom du demandeur. Ligne d'un ex-conjoint, d'un parent, d'un employeur : le titulaire déclaré doit correspondre, sinon la demande est rejetée sans explication utile.
- Confondre changement de carte SIM et changement d'opérateur. Remplacer une SIM chez le même opérateur ne touche pas au numéro et ne déclenche aucun portage.
- Signer ailleurs sans avoir chiffré le solde de l'appareil. L'article sur l'abonnement GSM avec ou sans engagement détaille pourquoi ces deux lignes du contrat ne se résilient pas de la même façon.
Une dernière chose, valable quel que soit l'opérateur d'arrivée. Quatre acteurs seulement exploitent un réseau mobile propre en Belgique : Proximus, Orange Belgium, Telenet avec BASE, et DIGI. Toutes les autres marques louent l'un de ces quatre réseaux. La procédure de portabilité, elle, est identique chez tous, historiques comme opérateurs virtuels : c'est du droit, pas du commercial.
Sources
- IBPT, portabilité des numéros et arrêté royal du 2 juillet 2013, consulté le 28 août 2026.
- IBPT, foire aux questions Easy Switch, consulté le 28 août 2026.
- Service de médiation pour les télécommunications, compétence et recours sans frais pour le consommateur, consulté le 28 août 2026.
- Conditions générales et particulières publiées par les opérateurs belges, relevées le 28 août 2026. Les postes non publiés sont signalés comme tels dans le tableau.
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Questions fréquentes
Fabrice D. a vendu des abonnements GSM pendant sept ans derrière le comptoir d’une boutique télécom à Namur, entre 2013 et 2020, puis a passé trois ans au service résiliations d’un opérateur virtuel belge — c’est-à-dire du côté où l’on lit les contrats à voix haute à des clients qui ne les avaient pas lus. Il sait donc exactement comment se construit un « GSM à 1 € » : un crédit de 24 mois posé à côté du forfait, avec son propre solde et ses propres conditions de sortie. Chaque mois, il relève les grilles tarifaires publiées par les opérateurs belges, note la date du relevé, et recalcule ce que chaque formule coûte au bout de deux ans, appareil compris. Ce qui l’agace dans son secteur : les prix d’appel affichés en gros pour douze mois, et l’écart — jamais imprimé nulle part — avec ce qui est facturé le treizième.
